L’inflammation : la maitriser par l’alimentation c’est possible!

Provenant du latin inflammatio signifiant « action d’incendier », le terme inflammation est utilisé aujourd’hui pour décrire une variété de problèmes de santé…

On l’emploie le plus souvent dans sa forme suffixe. On parle alors de sinusite, d’arthrite de tendinite et autres -ites, de la colite à la gingivite. Des maux si fréquents qu’ils nous semblent faire partie d’un quotidien tout à fait normal. Mais quand on y pense, sommes-nous en train de passer au feu sans s’en rendre compte ?

Pourquoi ça fait mal ?

Pour brûler, on brûle, il n’y a pas de doute. On n’a qu’à observer les ventes d’antalgiques qui, d’année en année, demeurent parmi les médicaments les plus vendus au Canada. Et c’est logique. Car l’ inflammation aiguë, ça fait mal, et personne ne veut souffrir.

Mais l’inflammation, c’est d’abord un mécanisme naturel et vital. C’est une réaction immunitaire qui permet la défense contre les agressions, mais aussi, le processus de réparation. Typiquement, elle se traduit par de la rougeur, de la douleur, de l’œdème, de la chaleur, et par un dysfonctionnement de l’organe touché. La rougeur et l’enflure permettent au système immunitaire de s’activer. La douleur, elle, indique à notre cerveau qu’il y a un problème pour qu’on évite d’aggraver notre cas. C’est un signal d’alarme bénéfique en bout de ligne, comme l’extincteur de fumée qui peut nous sauver la vie.

L’inflammation : bonne ou mauvaise ?

Alors si en théorie, l’inflammation est nécessaire et la douleur joue un rôle positif, pourquoi les chassons-nous systématiquement ? Dans la vraie vie, peu de gens accepteraient de subir l’intense douleur d’une inflammation aiguë provoquée par une fracture, sans aucun antidouleur. Et on peut le comprendre. Ce qu’on veut à ce moment, c’est surtout contrôler la douleur, même si au fond, l’inflammation sert aussi à réparer la blessure.

Mais lorsqu’on parle d’inflammation chronique, c’est une autre histoire. À l’heure actuelle, on assiste à une véritable épidémie d’inflammation chronique. Pourtant, les recherches sont claires sur son origine: le mode de vie moderne. Il s’agit toujours d’une réponse immunitaire face à une agression, mais cette fois-ci, l’agression n’est pas une blessure ni une infection. Elle est beaucoup plus insidieuse. Par ce processus inflammatoire, le corps se protège contre les effets néfastes de la sédentarité, de la malnutrition, de la pollution, du stress, etc. Ce n’est donc pas l’inflammation en tant que telle qu’il faut pointer du doigt, mais bien notre façon de vivre et de nous nourrir.

C’est l’inflammation qui répare ce que le mode de vie détruit.

Quand l’alimentation nourrit l’inflammation

L’idée que les aliments puissent jouer un rôle dans le processus inflammatoire n’est pas nouvelle, même si elle demeure relativement marginale dans le domaine de la médecine conventionnelle. Heureusement, il y a quelques années, la biochimiste et professeure québécoise Jacqueline Lagacé a remis le sujet sur la table dans un ouvrage éclairant. Son message ? Le système digestif ne s’est pas adapté à l’alimentation moderne qui, elle, s’est trop rapidement transformée. L’alimentation moderne agresse la paroi intestinale, ce qui provoque le passage dans le sang de certaines molécules ne devant pas s’y retrouver. Résultat : le développement d’une maladie inflammatoire ou d’une autre, selon sa prédisposition.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’en réduisant ou en arrêtant la consommation de certains aliments, on cesse d’alimenter le problème. Il y a d’abord les produits laitiers et les céréales, surtout lorsqu’ils sont transformés. On peut se tenir à l’écart des huiles, du sel et des sucres, encore plus lorsqu’ils sont raffinés. Côté viande, il est recommandé de réduire sa consommation de viandes rouges et de charcuteries pour cesser de nourrir l’inflammation.

Enfin, on recommande également d’éviter les aliments préparés en général, puisqu’ils contiennent souvent des aliments pro-inflammatoires en plus de conservateurs et de colorants qui sont difficiles à métaboliser par le corps. Pour ce qui est du barbecue, il faut savoir qu’une cuisson à une température supérieure à environ 120 °C contribue elle aussi à l’inflammation chronique par la production de grandes quantités de glycotoxines (molécules caramélisées).

Les aliments anti-inflammatoires

Alors que d’un côté on évite d’alimenter le feu, on peut aussi essayer de l’éteindre. Certains aliments peuvent y contribuer, comme les poissons gras et les noix riches en omega-3. Le thé vert, le curcuma et le chocolat noir ont aussi été grandement étudiés pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Par ailleurs, consommer des aliments qui stimulent la prolifération d’une bonne microflore intestinale joue également dans le contrôle de l’inflammation. À son menu, on essaiera donc d’intégrer la racine de chicorée, le topinambour, le miso et le kéfir.

Une question d’équilibre

Combattre le feu parce que ça brûle, c’est bien, mais en rester là, ça ne mène pas très loin. Pour résoudre le problème, vaut mieux savoir d’où il provient vraiment. C’est souvent le mode de vie et l’alimentation qui sont en cause. Et quand le mode de vie est la cause de nos problèmes de santé, c’est une bonne nouvelle, parce que le mode de vie, ça se change !

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